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MIS EN LIGNE LE 12 SEPTEMBRE 2012

Nicole Bricq bouleverse le dispositif de soutien au commerce extérieur

Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, a présenté le 12 septembre en conseil des ministres une partie de son plan d’action. Un plan plutôt radical pour le dispositif de soutien au commerce extérieur, car il met fin au leadership d’ Ubifrance et des chambres de commerce pour mener la mobilisation des PME à l’export et donne le rôle central aux régions, avec l’appui de la future Banque publique d’investissement. Dans un entretien exclusif obtenu peu avant et dont l’intégralité sera publiée dans Le Moci du 20 septembre, Nicole Bricq détaille sa stratégie et explique pourquoi elle met ainsi fin à la carrière de l’ex «Equipe de France de l’export »

Le Moci : Le plan d’action export que l’on attend pour octobre sera-t-il un de plus ? Que préparez-vous de nouveau ?

Nicole Bricq : J’ai présenté une stratégie au Premier ministre, la veille du conseil des ministres de rentrée, avec un objectif chiffré qu’il a ensuite fixé au gouvernement : ramener la balance du commerce extérieur hors énergie à l’équilibre d’ici cinq ans, ce qui représente un effort de 26 milliards d’euros. C’est un objectif ambitieux mais qui est à notre portée. Cela implique d’avoir, chaque année, 2 % de plus d’export que d’import.

Comment s’y prendre ? Le commerce extérieur de la France fin 2011 c’est 430 milliards, dont 30 milliards pour les grands contrats et 400 milliards pour le commerce courant, dans lequel vous avez des secteurs excédentaires et des secteurs déficitaires. Soit vous doublez les 30 milliards de grands contrats, mais ce sont de gros projets d’infrastructures ou d’équipements, parfois politiques, qui sont longs à voir le jour ; soit vous jouez sur les 400 milliards de commerce courant.

On fera sans doute un peu des deux, mais cette dernière partie est intéressante parce que c’est là que nous avons notre objectif numéro 1 qui va se décliner en priorités d’action en octobre : les PME et ETI. C’est dans la masse du commerce courant qu’elles se situent essentiellement, même si l’on sait que les filières qui font les grands contrats comme l’aéronautique ou le nucléaire font travailler de nombreuses PME et ETI.

Le Moci : On peut se réjouir d’avoir un ministre de plein exercice au Commerce extérieur, mais ces dernières semaines tout le monde s’est emparé de ce sujet : M Moscovici, M. Montebourg…et même M Fabius. Etes-vous la vraie patronne du Commerce extérieur ?

Nicole Bricq :En tout cas je me sens comptable de l’objectif qu’a fixé le Premier ministre. Mais le message que je veux faire passer, c’est que je n’y arriverai pas toute seule. Il y a des choses que moi je dois faire, car elles dépendent de mon autorité, et il y en a d’autres qui doivent être faites par mes collègues ministres, avec mon aide. C’est pour cela que je parle souvent du pack économique du gouvernement.

Le Moci : Quels sont les premières priorités qui se dégagent ?

Nicole Bricq : Là où on peut aller vite et fort ! La première priorité d’action, c’est la structuration des filières à l’export, avec les grands groupes, les moyens, les petits, etc. J’y travaille avec mon collègue Arnaud Montebourg (ministre du Redressement productif). Il faudra faire cette démarche de structuration, y compris dans des filières nouvelles et innovantes.

Le Moci : Cette approche filière va être couplée avec une approche marché…

Nicole Bricq : J’ai commandé une étude au Trésor qui me permettra de coupler ce travail sur les filières et leurs réseaux, donc sur l’offre commerciale française, avec un travail sur les besoins des pays. Tout ne pourra être fait d’un coup, cela prendra du temps. Il s’agit de voir, de la façon la plus rationnelle possible, à la fois là où on peut faire progresser l’offre commerciale, en s’appuyant beaucoup sur les ETI, et dans quels pays les besoins sont le mieux identifiés et les plus rapides à satisfaire (…)

"Pour moi, le pilote ou le chef de file, -appelez le comme vous voulez-, ce sont les régions"

Le Moci : Comment comptez-vous organiser la mise en œuvre du plan d’action ?

Nicole Bricq : Pour tout ce qui concerne les grands contrats, c’est plutôt au niveau central que cela se passera, quoiqu’on puisse envisager que cela se fasse en relais avec les régions. Mais c’est avec les PME et ETI qu’on a un gros facteur de progression en nombre et en capacité d’exporter. Il y a un gros travail à faire pour les accompagner vers l’export et faire en sorte qu’elles y restent.

Un gros effort d’organisation est à fournir en amont –et je ne le ferai pas toute seule- pour bien identifier les entreprises qui ont des potentialités d’exportations et leur apporter, en face, les financements qui correspondent à leur taille et à leurs besoins. Et c’est là où les régions ont un rôle à jouer. Je compte beaucoup m’appuyer sur les régions. Puisqu’elles ont déjà la compétence du développement économique, je milite pour qu’elles aient la compétence sur l’innovation et sur les décisions d’investissement en fonds propres. D’où l’intérêt pour moi que la Banque publique d’investissement (BPI) ait dès le départ la fonction export dans son objectif. C’est très important.

Le Moci : Que vont devenir les chartes régionales signées par votre prédécesseurs avec un certain nombre de présidents de régions ?

Nicole Bricq : Ce n’est pas parce qu’on signe une charte qu’on a avancé. Il y a beaucoup d’intervenants sur le territoire français, c’est confus. Les PME, PMI, et ETI ne s’y retrouvent pas. Il faut donc bien clarifier le paysage, il faut qu’il y ait un pilote. Pour moi, le pilote ou le chef de file, -appelez le comme vous voulez-, ce sont les régions. Pourquoi ? Parce qu’elles connaissent bien le tissu productif, elles ont des agences de développement économique, elles soutiennent l’innovation, elles financent les pôles de compétitivité et elles ont cette vision de leur territoire. A elles d’organiser les acteurs de l’export, l’essentiel c’est que les entreprises s’y retrouvent.

"Il faut que l’entreprise trouve auprès de la BPI un interlocuteur qui l’oriente vers les solutions dont elle a besoin"

Le Moci : Quel serait, pour vous, le rôle de la BPI en matière d’export ?

Nicole Bricq : La BPI aura un volet export, c’est à dire des financements adaptés aux besoins des entreprises, tant en fonds propres, qu’en crédits innovation et en crédits courants. Je pense aussi que cette banque doit avoir une capacité d’expertise, de conseil et d’accompagnement. Dans les régions, où sa présence sera assurée par ce qu’on appelle les « comptoirs unifiés », il me paraît important qu’il y ait ce volet export et quelqu’un d’identifié pour conseiller les entreprises.

Le Moci : La BPI va-t-elle reprendre les dispositifs gérés jusqu’à présent séparément par Coface et Oséo ?

Nicole Bricq : Ce qui est sûr, c’est qu’elle va les distribuer. Si on veut être opérationnel assez vite, on n’a pas tellement le temps, une fois que la loi sera formalisée et votée, de se lancer dans de grandes réformes. Il faut regarder s’il n’y a pas de redondances. Par exemple, en matière d’aide à la prospection, Oséo et Coface ont deux produits un peu concurrents : un financement aux primo-exportateurs pour l’un, l’assurance-prospection pour l’autre. Il serait peut être plus malin d’en avoir un seul. Il faut aussi trouver le produit adéquat pour les ETI. Et puis il y a Ubifrance qui a aussi un produit d’accompagnement à l’export. Il faut regarder notre gamme actuelle et faire en sorte qu’elle s’étende. Ce qu’il faut, c’est que l’entreprise trouve auprès de la BPI un interlocuteur qui l’oriente vers les solutions dont elle a besoin.

Le Moci : le « comptoir unifié », c’est un peu le « guichet unique » que votre prédécesseur avait tenté et qui devait mettre fin à la multiplicité des chapelles…

Nicole Bricq : Ce que l’entreprise veut, c’est la bonne porte d’entrée, le bon conseil, le bon produit.

" La boutique France ne peut pas se payer le luxe de querelles de territoires"

Le Moci : Et l’accompagnement à l’international ?

Nicole Bricq : Un chiffre m’interroge beaucoup : sur 100 entreprises nouvellement exportatrices, on en retrouve que 30 l’année d’après. C’est là où il faut agir en aval… Ubifrance, opérateur de l’Etat, accompagne à l’étranger les entreprises, nos services économiques régionaux aussi : il faut que cet accompagnement se fasse dans la durée (…)

Le Moci : Comment voyez-vous la clarification entre les missions d’Ubifrance, celles des chambres de commerce à l’étranger, voire les missions des structures privées de conseil…

Nicole Bricq : A l’extérieur on a le même problème qu’à l’intérieur : on a pas mal d’acteurs, dans certains pays ils se marchent sur les pieds et dans d’autres, il n’y a personne. Moi, je ne peux travailler que là où j’ai un périmètre. Ubifrance, c’est dans mon périmètre, c’est pour cela que le couplage offre commerciale/pays est très important car il va nous permettre de réorganiser un peu nos forces (…) Et pourquoi pas, là où c’est une chambre de commerce qui fait très bien le boulot, on fera en sorte qu’elle ait une délégation de service publique. C’est l’efficacité qui doit primer. La boutique France ne peut pas se payer le luxe de querelles de territoires.

Le Moci : Vous avez déclaré être favorable à ce que la BPI fasse du financement export, c'est-à-dire finance non pas les entreprises exportatrices en direct, mais les clients de ces entreprises. Il y a eu un retrait des banques françaises de ce type de financement. Est-ce une réponse à cette réalité ?

Nicole Bricq : Oui, c’est une nécessité. La banque est un milieu que je connais bien. J’étais tout à l’heure avec mon homologue anglais, Lord Green. Vous connaissez les Anglais, leur appétence pour la finance et la banque. Pourtant, ils veulent créer une banque publique d’investissement. Je lui ai demandé pourquoi. Et il m’a expliqué un constat que je partage. Avec les règles Bâle III et les ratios prudentiels qui deviennent plus élevés, avec la crise financière, le modèle économique des banques va changer. Cela ne veut pas dire que les banques privées ne financeront plus les entreprises, mais peut être vont-elles se concentrer sur les entreprises qui pourront avoir accès au marché financier. Il faut vraiment que les PME et ETI aient un outil qui leur soit dédié (…)

Source: http://moci.elteg.info/011-65549-Nicole-Bricq-bouleverse-le-dispositif-de-soutien-au-commerce-exterieur.html

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